Le vendredi c’est librairie : Et je danse, aussi de A-L Bondoux et J-C Mourlevat

Puisque nous sommes le 1er mai, je vais laisser Fanny poser sa plume et la prendre à sa place pour vous présenter un roman que je viens de finir à TRES GRAND regret. Vous savez à quel point on se sent démuni quand on vient de finir un roman fabuleux. Ca a été le cas pour moi, mais je me réjouis de le savourer encore un peu en vous le présentant.Et je danse, aussi

Les auteurs

Il s’agit d’un roman épistolaire écrit par deux auteurs de littérature jeunesse que j’aime beaucoup faire découvrir aux élèves. Tous deux avaient envie de tenter autre chose que l’écriture pour la jeunesse, et le courage leur est venu en s’associant, pour notre plus grand plaisir !

Jean-Claude Mourlevat a notamment écrit La rivière à l’envers, un récit initiatique empreint de poésie et de nostalgie, à faire découvrir absolument à des adolescents !la rivière à l'envers

Anne-Laure Bondoux a écrit, entre autres, Pépites et Les larmes de l’assassin, de grands succès de littérature jeunesse, mais je dois reconnaitre que ces récits me touchent moins que ceux de Jean-Claude Mourlevat.couv_larmes

Et je danse, aussi

Venons-en à l’essentiel : ce roman épistolaire. Il est très difficile de bien parler de ce que l’on aime, et j’ai d’ores et déjà abandonné mon objectif de concision.

Puisque j’aime présenter les livres ainsi, en voici l’incipit :

De : Pierre-Marie Sotto                                                                   Le 24 février 2013

A : Adeline Parmelan

Chère Madame Parmelan,

Rentrant de voyage ce samedi, je trouve dans ma boîte aux lettres cette volumineuse enveloppe portant votre adresse mail au dos. Je suppose qu’il s’agit d’un manuscrit. En ce cas, je vous remercie de la confiance que vous me témoignez, mais je dois vous informer que je ne lis jamais les textes qu’on m’envoie. C’est le travail des éditeurs. Pour ce qui me concerne, je ne suis qu’écrivain et j’ai bien assez de mal avec ma propre écriture pour avoir la prétention de juger celle des autres.

Je n’ai donc pas ouvert votre enveloppe. Je vous la retournerai dès lundi à votre adresse postale si vous me la communiquez. J’espère que vous ne m’en voudrez pas trop.

Bien cordialement.

Pierre-Marie Sotto

—————————————–

De : Adeline Parmelan

A : Pierre-Marie Sotto                                                           Le 24 février 2013

Cher Monsieur Sotto,

Je vous remercie d’avoir pris la peine de m’écrire dès votre retour de voyage, même si votre réponse m’a beaucoup déconcertée. Pour tout vous dire, j’étais certaine que vous alliez décacheter mon enveloppe. Mais réflexion faite, je comprends : votre notoriété doit vous attirer toutes sortes de demandes ennuyeuses, et vous avez raison de vous en protéger. Puisque vous avez eu la gentillesse de m’envoyer un message, je me permets de vous préciser que le contenu de l’enveloppe n’a rien d’ordinaire. Et bien qu’étant l’une de vos admiratrices, je crois pouvoir affirmer que je ne suis pas une lectrice comme les autres.

En comptant sur votre curiosité et en espérant ne pas vous paraître trop insistante.

Avec toute mon admiration.

Adeline Parmelan

Cette enveloppe a son importance, mais elle est surtout un prétexte pour entamer une longue correspondance car Pierre-Marie ne l’ouvre finalement que tardivement.

Malgré une attitude initiale peu ouverte au dialogue, l’écrivain à succès (mais qui a perdu le goût d’écrire) accepte de converser par mail avec cette mystérieuse Adeline. Tous deux se dévoilent.

Adeline décrit son quotidien de femme de 34 ans qui vit isolée dans un lieu sombre et déprimant, qui tente d’accepter ses kilos en trop, puis qui confie ses blessures d’enfance à la faveur de quelques verres de schnaps.

Pierre-Marie évoque ses six enfants, ses quatre épouses, son aversion pour les points de suspension… 😉

Ma première femme. Elle m’a mis le grappin dessus, peut-être comme vous l’avez fait vous-même avec ce sale type qui a bien voulu de vous. Elle m’a joué sa partition avec talent : jolie, cuisinière, curieuse, coquine. Puis quand j’ai eu la bague au doigt, elle s’est métamorphosée. Fin de la représentation. Pas d’applaudissements.

Ma seconde femme. Je ne me rappelle plus pourquoi je l’ai épousée, mais je sais très bien pourquoi je l’ai quittée. Partout où je le sentais bien (librairies, soirées avec des amis), elle me disait : On y va, Minou ? J’ai tenu huit ans.

Ma troisième femme était norvégienne (et elle l’est toujours). Choc des cultures. Nous nous sommes séparés bons amis. Nos trois enfants sont bilingues. Je la revois de loin en loin.

Je ne parlerai pas de ma quatrième femme, la seule avec laquelle je n’ai pas eu d’enfant (elle avait passé l’âge). Une fois peut-être. Dès que je parle d’elle, c’est comme appuyer sur un bouton, je. Non, une autre fois.

Leur conversation prend une tournure différente lorsque Pierre-Marie parle de Véra, sa quatrième épouse disparue brutalement.

Tout ce qui a été enfoui tant bien que mal apparait au grand jour, les questions essentielles sont abordées, certains mensonges avoués… et le suspense bien présent.

S’immiscent dans ce dialogue une Lisbeth hystérique qui veut à tout prix revoir ce grand écrivain avec qui elle avait partagé une soirée arrosée dix ans auparavant, un couple d’amis, ainsi que  Gloria, la fille de Véra.

Cette polyphonie permet d’enrichir la trame du roman et rend encore plus savoureuse la correspondance exclusive entre Pierre-Marie et Adeline.

A vous désormais d’entrer dans cette danse ! Si vous avez envie de vous plonger dans un roman pour oublier tout le reste, de côtoyer pendant quelques heures des personnages attachants, drôles et presque réels, si vous souhaitez sourire, vous émouvoir, vous enthousiasmer : courez dans votre librairie !

Merci à Jean-Claude Mourlevat et Anne-Laure Bondoux pour cet ouvrage plein de grâce et d’allégresse.

8 commentaires
Précédent article: Wishlist de maiArticle suivant: Détails du dimanche

Articles liés

Commentaires

  • Doo

    mars 16, 2016 à 10 h 39 min
    Répondre

    C'est marrant je n'avais pas vu cet article, j'ai travaillé avec Anne-Laure Bondoux sur un projet avec une classe de 4ème, une très chouette personne […] Lire la suiteC'est marrant je n'avais pas vu cet article, j'ai travaillé avec Anne-Laure Bondoux sur un projet avec une classe de 4ème, une très chouette personne ! Lire moins

  • CCil Ccil P

    mai 24, 2015 à 16 h 32 min
    Répondre

    Terminé en trois jours (ou plutôt nuits!!)... dévoré, adoré, touchée... Je l'ai offert et conseillé... Un régal! Merci pour ce beau moment!

  • Magali

    mai 3, 2015 à 0 h 21 min
    Répondre

    Je viens de le terminer ! Ce livre est vraiment beau, bien écrit et attractif ! Déçue de l'avoir sitôt terminé ...

  • CCil Ccil P

    mai 2, 2015 à 14 h 47 min
    Répondre

    Bon ben je sais ce qu'il me reste à faire!!!! ;-)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Derniers articles
Restons en contact
 

Retrouvez mes anciens articles