Le vendredi c’est librairie : La famille Middlestein, Jami Attenberg

Mes préférences vont à la littérature française contemporaine. Mais j’ai décidé de modifier mes habitudes et de lire le dernier ouvrage à grand succès de cet auteur américaine : Jami Attenberg. C’est son troisième roman et le premier publié en France (aux éditions Les Escales).la_famille_middlestein

En voici l’incipit :

Edie, 28 kilos

Comment aurait-elle pu ne pas nourrir leur fille ?

A cinq ans, la petite Edie Herzen n’était plus si petite que ça. Sa mère en avait conscience – comment ne pas s’en apercevoir ? Les bras et les jambes de l’enfant, autrefois doux et veloutés, étaient maintenant plus que pulpeux. D’une consistance désarmante. Difficile de la serrer dans vos bras : c’était un bloc de chair dure et compacte. Elle respirait avec peine, comme un vieil oncle après un repas trop riche. Et elle détestait gravir les escaliers. Aujourd’hui encore, elle réclamait d’être portée jusqu’à leur appartement du quatrième étage en dépit des protestations de sa mère qui ahanait – les cabas, son dos, le sac de bouquins empruntés à la bibliothèque.

– Je suis fatiguée, insiste Edie.

– On est tous fatigués, répond la mère. Allez, donne-moi un coup de main ! Tiens, prends les livres, c’est toi qui les as choisis.

Pas vraiment petite non plus, la mère. Une lionne d’un mètre quatre-vingt, bâtie comme une centrale électrique. Rugissante, chatoyante, majestueuse. Certaine de sa superbe. Une reine parmi les femmes.

C’est le poids d’Edie qui nous est présenté d’emblée, et c’est lui qui sera la baromètre du roman. Il ne cessera d’enfler, de susciter l’inquiétude, les remises en questions et les reproches.

La petite Edie, l’insatiable, devient une femme imposante, encombrante, qui passe ses journées obsédée par la nourriture, elle ne se nourrit pas d’ailleurs, elle se gave et se tue à petit feu :

Elle s’engagea sur le parking d’un Mc Donald’s. Elle passa sa commande sans sortir de sa voiture, récupéra les articles au guichet du drive-in et regagna l’avenue principale quelques minutes plus tard. Mais au lieu de rentrer chez elle, elle partit en sens inverse et se rendit dans un Burger King, également équipé d’un drive-in. Là encore, Edie commanda en se penchant vers le micro, puis récupéra rapidement ses articles quelques mètres plus loin. Avant de quitter les lieux, elle s’arrêta devant une poubelle, baissa la vitre et jeta le sac Mc Donald’s vide et froissé.

Elle finit son périple dans un restaurant asiatique, suivie par sa belle-fille, Rachelle, qui l’espionne et ne peut que se lamenter et chercher un coupable. Celui-ci est tout trouvé : c’est Richard, le mari d’Eddie, qui, à la soixantaine passée et au moment où elle subissait une opération vitale, a décidé de la quitter.

Mais tout n’est pas si simple : Richard étouffait et ne parvenait pas à faire cesser ce lent suicide d’Edie. Ce personnage suscite d’ailleurs toute notre empathie dans la seconde partie du roman.

Mais mon avis est assez négatif : j’ai lu l’ensemble car j’avais envie d’en connaître la fin. C’est une bonne critique de la société de consommation et une dénonciation des hérésies alimentaires, mais ce n’est pas vraiment drôle contrairement à ce que promettait la quatrième de couverture. J’avais l’impression de regarder un téléfilm américain un peu moralisateur. Bref je ne vous le conseille pas !

 

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