Librairie : Jean-Paul Didierlaurent, Le reste de leur vie

J’ai découvert cet auteur grâce à un roman que j’avais adoré et que vous recommande vivement : Le liseur du 6h27. L’histoire d’un employé qui travaille au pilon : cette redoutable machine qui dévore et détruit définitvement les livres. Chaque matin, dans le RER de 6h27, il lit aux passagers les feuillets qu’il a sauvés. On dit souvent qu’il ne faut pas prêter les livres, et je comprends de plus en plus cet adage égoïste car je regrette qu’on me m’ait pas rendu celui-ci. Je vais le commander pour le faire découvrir aux élèves… et le ranger dans ma bibliothèque !

En attendant je vous présente un autre livre du même auteur… que j’ai emprunté cette fois-ci, mais que je ne manquerai pas de restituer.

Résumé

Le reste de leur vie est un roman publié en 2017. Il s’agit de destins croisés de personnages atypiques.

Le récit commence avec l’entrée en scène de Manelle, une auxiliaire de vie au service de personnes âgées, qui doit faire face à la mauvaise humeur et à l’antipathie de certains patients, mais qui endure cela avec douceur et recul car elle sait que ce sera compensé par les patients attachants et généreux.

Le vieux Samuel, l’un des quatre protagonistes du roman, est d’ailleurs son patient favori. Mais ses maux de tête intenses ont laissé place à un affaiblissement général et à une maigreur inquiétante. Il n’a même plus la force de complimenter sa Fée clochette, sa Cendrillon, son bâton de vieillesse… sa Manelle qui illumine ses tristes journées. Cette dernière décide de l’accompagner chez un spécialiste et le verdict est sans appel : Samuel est atteint d’un cancer du cerveau invasif et fulgurant. Il décide de prendre les choses en mains et son destin croise alors celui d’Ambroise.

Ambroise est un jeune thanatopracteur, passionné par son métier car, après avoir donné aux défunts le visage d’un être simplement endormi, la dernière image laissée aux proches endeuillés est plus supportable que celle d’un visage crispé dans l’agonie du dernier souffle. Le bel Ambroise ne regrette qu’une seule chose : que son métier fasse si peur aux jeunes femmes qu’il rencontre, qui imaginent ses mains au contact de la mort quelques heures auparavant. L’horreur les submerge et elles s’enfuient toutes. Il vit donc seul avec son attachante grand-mère : Beth.

Beth est heureuse de vivre avec son petit-fils qui, depuis le décès de sa mère, n’a plus de contact avec son père, un éminent chirurgien prix Nobel de médecine qui n’a jamais compris le choix de métier d’Ambroise. Beth aime concoter des plats pour son petit-fils, et rêve secrètement de le voir partager sa vie avec une femme. Elle finira par assister à une idylle, et rencontrera le vieux Samuel.

Incipit

Manelle était sur les nerfs, comme à chaque fois qu’elle passait le seuil de l’appartement de Marcel Mauvinier. Ce type avait l’art de la mettre hors d’elle. « Vous penserez à bien vider mon vasen mademoiselle. » Il l’accueillait toujours ainsi. Jamais bonjour, pas le moindre mot de bienvenue. Non, juste ce rappel à l’ordre crié depuis le fauteuil du salon dans lequel il vissait son postérieur du matin au soir : vous penserez à bien vider mon vase, mademoiselle. Sous-entendu qu’elle avait pour habitude de mal le vider, son vase. mais elle ne pensait qu’à ça, Manelle, lorsqu’elle venait ici, ce pot de chambre émaillé décoré de fleurs mauves qu’il lui fallait trimballer tous les matins de la chambre jusqu’aux toilettes poiur en vider le contenu dans la cuvette, résultat d’une nuit de désordre prostatique. A près de quatre-vingt-trois ans, veuf depuis peu, Mauvinier avait droit à quatre heures d’aide à domicile par semaine, réparties en cinq séances de quarante-huit minutes chacune, du lundi au vendredi.

Mon avis

J’aime les destins croisés, j’aime cet auteur donc je partais confiante. L’incipit m’a plu, la lecture se déroulait avec entrain… jusqu’à ce que je tombe sur des descriptions précises des gestes effectués par Ambroise sur les défunts. Tout est précisé : les instruments utilisés, les actes effectués pour que les corps soient moins rigides, la peau moins livide… Je me suis sentie très mal à l’aise et j’ai cru devoir arrêter là. Mais ma curiosité a été plus forte car les personnages me plaisaient. J’ai donc décidé de survoler ces passages descriptifs, qui étaient surtout au début du roman, et je ne regrette pas d’avoir poursuivi ce roman.

Loin d’être glauque ou sordide, c’est un roman plein d’espoir, de surprises, qui donne envie de profiter de chaque instant.

4 commentaires
16 likes
Pécédent article: Le sentier aux papillonsArticle suivant: Détails du dimanche

Articles liés

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Avez-vous envie de légèreté, de divertissement, de futilité pas si superficielle ?

Bienvenue dans ma parenthèse !

En savoir plus

Me contacter
uneparenthesemode@gmail.com
Archives
Derniers articles
Calendrier
juillet 2018
L M M J V S D
« Juin    
 1
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
3031