Librairie : Les hommes meurent les femmes vieillissent (Isabelle Desesquelles)

J’espère que vous profitez bien de ce long week-end. Peut-être aurez-vous envie d’un nouveau bon roman ? Voici une petite suggestion :isabelle desesquelles

Les hommes meurent les femmes vieillissent de Isabelle Desesquelles.

Un titre percutant qui m’a laissée dubitative en premier lieu, je craignais de lire un roman déprimant et pessimiste. Ce n’est pas le cas, mais ce n’est pas non plus une lecture très optimiste.

En voici l’incipit :

Depuis vingt ans, Alice masse des femmes et leur prodigue des soins de beauté. Depuis vingt ans, elle a touché des milliers de corps. Autant de confidences, souvent silencieuses, de celles dont la peau dit beaucoup de l’âme.

Toute ressemblance avec, etc., etc., est volontaire.

L’Eden ne s’est pas fait en un jour, ni même en sept. L’Eden m’appartient. je l’ai ouvert il y a quinze ans. Un institut de beauté comme je le voulais. Enfin, presque.

Mon arrière-grand-mère était une bigote. A douze ans elle montait les marches de l’église de Rocamadour sur les genoux en priant. Mamichette – elle avait de la moustache – et ses saintes vierges pleines d’eau bénite, un catéchisme à elle toute seule. Petite, pendue à son déambulateur, je lui demandais où était le paradis, avec un petit rire elle répondait : « Là où on est bien, Alice. Je suppose, je n’y suis pas encore allée. » Et le petit rire de revenir. Pour toi, Mamichette, je ne sais pas, pour moi, j’y suis : L’Eden, mon institut, « là où on est bien ».

Aucune publicité sur les murs, rien qui puisse rappeler un commerce. Ma renommée ne tient ni à des encarts dans un journal, ni à des prospectus. Ma publicité, ce sont les femmes qui viennent. Les plus belles femmes, je les appelle comme ça dans ma tête, d’où j’ai banni le mot cliente. je ne remplis pas les journées de rendez-vous, mais de rencontres.

C’est un roman à plusieurs voix : dix femmes précisément, d’une même famille,  qui se confient, livrent leurs états d’âme, dévoilent certains secrets enfouis depuis longtemps. Elles tentent de séduire, de se plaire à elles-mêmes. Toutes vont à l’Eden, toutes admirent Alice, la vivante, la confidente… Et toutes pensent à l’absente, Eve, qui a mis fin à ses jours en laissant derrière elle son fils de dix ans, Nicolas. Lui a-t-elle laissé une lettre ? La rumeur l’évoque mais personne ne sait où cette lettre serait cachée. Seule Lili, la grand-mère qui se répète comme une litanie « J’aime la vie » sait la vérité puisque c’est elle qui a retrouvée sa fille Eve, sans vie…

Ce roman ne peut pas laisser indifférent, les sentiments qu’il provoque sont multiples : la compassion, la réprobation parfois, la tristesse, mais aussi l’envie de prendre du temps pour soi, et d’en consacrer à ceux, et surtout à celles, qui nous sont chers.

 

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