Mon premier accouchement : partie 2/2

Voici la suite de mon récit d’hier…

L’accélération

On m’a alors injecté quelque chose en urgence, sûrement de l’ocytocine. Le coeur du bébé a repris un rythme normal, et je me suis bien réveillée. Mais je claquais des dents et frissonnais. Je pensais que c’était dû à l’appréhension du moment.

NB : J’ai lu depuis qu’il s’agissait d’un des effets de l’anesthésie péridurale.

Ma gynécologue est entrée et m’a dit :

Puisque je suis là et que je vous connais, je vais rester pour votre accouchement.

Je n’avais pas spécialement envie qu’elle soit là car je n’accrochais pas, mais ça me rassurait d’avoir un médecin.

NB : J’ai appris il y a peu qu’en réalité les gynécologue facturaient leurs actes lorsqu’ils intervenaient dans les hôpitaux privés. Là très clairement elle y a vu un intérêt financier car rien ne nécessitait sa présence. Il aurait d’ailleurs mieux valu qu’elle ne soit pas là vu sa manière de mener les choses, vous allez voir dans la suite du récit. 

Le col était dilaté à 10, l’arrivée du bébé approchait.

L’accouchement

En bonne élève que je suis, j’avais pris tous les cours de préparation à l’accouchement, mais j’ai réalisé qu’ils ne me servaient pas. On m’a simplement dit de pousser vers le bas au moment des contractions… sauf que je n’en ressentais plus une seule ! La péridurale était tellement forte que la sage-femme devait me dire quand les contractions arrivaient. Je poussais alors autant que possible, de toutes mes forces, mais le bébé était toujours très haut.

NB : J’ai appris, récemment aussi, qu’en réalité il ne faudrait pas pousser car c’est catastrophique pour le périnée ! Mais vu la position qu’on nous impose pour accoucher (plus facile pour les sages-femmes, mais pas du tout adaptée à l’accouchement) on nous apprend à pousser. Je vous invite à regarder cette vidéo de Bernadette de Gasquet, LA référence en matière d’accouchement et de périnée.

J’ai alors assisté à un moment lunaire : la gynécologue a dit à mon mari – qui me soutenait autant qu’il le pouvait depuis le début – d’appuyer sur mon ventre pour aider le bébé à descendre.

NB :Il s’agit de la fameuse « expression abdominale », pourtant interdite depuis 2007 car inutile et souvent traumatisante.

Je l’entendais dire :

Poussez Monsieur, allez-y. Poussez Monsieur, plus fort !

Je me revois encore en train de constater :

C’est incroyable, je croyais qu’on disait ça à la femme, et là c’est à lui de pousser.

Honnêtement j’étais plutôt contente : je me disais que je n’avais pas grand chose à faire finalement, et que c’était au corps médical et à mon mari d’agir. A cette époque je n’avais pas du tout confiance en moi et toute parole ou tout acte extérieur me semblait prévaloir sur les miens.

Jusque là, la seule véritable souffrance que j’avais, c’était une soif intenable. On ne m’avait pas précisé qu’à partir de la pose de la péridurale je ne pourrai plus boire ni manger. Si je l’avais su j’aurais bu suffisamment avant. Mais là je rêvais de quelques gorgées d’eau. La sage-femme a simplement pu me vaporiser un peu de spray d’eau thermale dans la bouche, mais ça ne suffisait pas.

NB : Si c’est votre premier accouchement et que vous n’avez pas été prévenue à ce sujet, prenez vos précautions : mangez (un peu et quelque chose de digeste) et surtout buvez ! Car la soif extrême est une véritable torture.

L’arrivée de Solal

Mon mari était inquiet : il a beaucoup de force et il sentait qu’il appuyait très fort. Il me demandait régulièrement :

Ca va je ne te fais pas mal ?

et moi je l’incitais à continuer puisque je ne sentais absolument rien.

Puisque le bébé remontait après chaque poussée, j’ai vu la gynécologue saisir des ciseaux dorés (oui je me souviens de ce détail) et j’ai compris que j’avais droit à l’épisiotomie… mais elle a coupé sans me préciser qu’elle pratiquait cet acte.

Elles ont alors pu dégager la tête du bébé, puis son corps, et nous avons entendu le premier cri de Solal.

Il était là, et nous étions très émus, un peu sonnés. Nous n’avons même pas pleuré mais n’avions d’yeux que pour lui.

Mon mari m’a alors mis autour du poignet le fameux bracelet symbolique, sous le regard étonné de la gynécologue, qui trouvait que c’était une très belle idée.

Nous avons eu deux heures rien que pour nous, pour le peau à peau. J’ai senti que Solal rampait pour monter dans mon cou. Quand la sage-femme est revenue elle m’a dit :

Oh mais il fallait en profiter pour l’allaiter !

Sauf qu’une fois de plus on ne m’avait rien dit. Je ne pouvais pas me douter qu’il fallait que je le guide dès le début vers le sein… Avec le recul je réalise que nous n’avons pas été spécialement entourés, mais j’ai réussi à allaiter deux mois (avec beaucoup de douleurs) et je n’ai pas de regrets.

Solal

Solal est né le samedi 17 décembre 2011 à 22 heures, par voie basse non instrumentale pour parler en termes techniques. J’étais à 38 SA +2.

Il pesait 3,150 kilos et mesurait 51,5 cm.

Son prénom vient du magnifique roman Belle du Seigneur d’Albert Cohen.

Mon souvenir

J’ai gardé un merveilleux souvenir de cet accouchement, de cette journée unique qui a fait de notre couple des parents.

Je me souviens encore du message que mon mari avait envoyé aux proches pour annoncer la naissance :

Voici le premier jour du reste de ma vie. Et bien sûr Karine a accouché en Louboutin.

NB : Je précise que c’est faux bien sûr. Mais en cherchant une image pour illustrer ce paragraphe, j’ai constaté que la femme de Robbie Williams avait accouché en Louboutin !

Les séquelles

Mais quelque temps après j’avais très mal d’un côté, au niveau des côtes. Verdict : cotes fêlées suite à la pression abdominale !

Puis environ 6 semaines après, j’étais dans un magasin Sandro à la Vallée Village (dans mon élément donc) et je me suis mise à pleurer d’un flot continu. J’étais inconsolable.

Mon généraliste a diagnostiqué une dépression du post-partum, m’a prescrit du Prozac et du Lexomil, je les ai achetés je n’ai pas voulu entrer dans cet engrenage.

Je savais que c’était autre chose, pas une dépression du post-partum. Avec des examens sanguins plus poussés, nous avons appris que j’avais un dérèglement de la thyroïde qui s’est révélé être la maladie d’Hashimoto (hypothyroïdie chronique).

J’ai mis plusieurs mois avant de trouver le bon dosage mais depuis tout est sous contrôle, et je suis sous Lévothyrox, le fameux médicament sujet à controverse suite à son changement de formule.

Avec le recul

Depuis des mois,  j’écoute des récits d’accouchement et je lis des ouvrages sur l’accouchement sans péridurale (pour en connaître la raison, j’explique tout dans cet article)… je réalise alors que j’ai cumulé ce jour-là :

  • la rupture « accidentelle » de la poche des eaux par la sage-femme au moment du premier examen
  • la gynécologue que je n’aime pas et qui tient à être présente à l’accouchement alors que ce n’est pas nécessaire
  • le déclenchement des contractions
  • la péridurale trop dosée avec ralentissement inquiétant du coeur du bébé et moi qui pars loin dans les nuages
  • la péridurale qui m’empêche de sentir quoi que ce soit
  • l’épisiotomie
  • l’expression abdominale
  • la sensation d’être dépossédée de mon accouchement puisque mon mari « poussait » et que je ne sentais rien
  • les cotes fêlées

Conclusion

Cela reste malgré tout l’un des plus beaux jours de ma vie, et je vois Solal grandir et s’épanouir depuis 8 ans et demi. C’est lui qui a fait de moi une maman, de mon mari un papa. Nous sommes très fiers de lui, de ce grand garçon tour à tour calme, espiègle, vif, curieux, drôle…

Si ce récit vous a plu, je pourrai me lancer dans le récit de mes deux autres accouchements.

 

22 commentaires
Précédent article: Mon premier accouchement – Partie 1/2Article suivant: Mon deuxième accouchement : Hélia

Articles liés

Commentaires

  • Armelle

    août 27, 2020 à 11 h 22 min
    Répondre

    Oui c'est passionnant ce genre de récit ! Donc ce serait un grand plaisir de te lire à nouveau sur les prochains accouchements !

  • Mona

    août 20, 2020 à 14 h 31 min
    Répondre

    C’est tout de même fantastique que tu t’en souviennes comme d’une très belle journée, malgré tout cela ! Mais je m’interroge (car je suis concernée) […] Lire la suiteC’est tout de même fantastique que tu t’en souviennes comme d’une très belle journée, malgré tout cela ! Mais je m’interroge (car je suis concernée) : pas de problèmes périnéaux ensuite malgré poussée sur le ventre + episio ? Lire moins

    • uneparenthesemode
      à Mona

      août 25, 2020 à 18 h 34 min
      Répondre

      Oui je me souviens très bien de tout car je me remémore cette journée chaque année (et aussi parce que j'ai une très bonne mémoire, […] Lire la suiteOui je me souviens très bien de tout car je me remémore cette journée chaque année (et aussi parce que j'ai une très bonne mémoire, parfois même perturbante tellement j'enregistre des choses insignifiantes par moments) Non aucun problème niveau périnée, mais j'avais bien suivi scrupuleusement mes 10 séances de rééducation avec sonde. Lire moins

  • Bénédicte

    août 18, 2020 à 15 h 03 min
    Répondre

    Je me retrouve beaucoup dans ton récit, ce sentiment d'ignorance et de dépossession de nos moyens et malgré tout un souvenir heureux. On a accouché […] Lire la suiteJe me retrouve beaucoup dans ton récit, ce sentiment d'ignorance et de dépossession de nos moyens et malgré tout un souvenir heureux. On a accouché dans le même hôpital, à l'époque ils proposaient la péridurale ambulatoire qui permet de ne pas rester clouée au lit pendant des heures, mais je suis arrivée trop tard pour qu'ils la posent ;) Lire moins

    • uneparenthesemode
      à Bénédicte

      août 25, 2020 à 18 h 35 min
      Répondre

      Ah tu as accouché sans péridurale ou tu as juste eu une péridurale classique ? L'essentiel est d'en garder malgré tout uj beau souvenir

  • Déborah

    août 15, 2020 à 20 h 13 min
    Répondre

    Je suis choquée de la façon dont le personnel médical vous a traité. Je lis beaucoup de récits d’accouchements depuis le mien et je suis […] Lire la suiteJe suis choquée de la façon dont le personnel médical vous a traité. Je lis beaucoup de récits d’accouchements depuis le mien et je suis consternée de lire autant de violences. Je suis belge et lors de mon accouchement, des choses ne se sont pas bien passées et qui auraient pu avoir des conséquences dramatiques. Je n’en ai eu connaissance que lorsque j’ai lu mon rapport d’accouchement. Mais je garde un merveilleux souvenir du personnel qui a été adorable. J’ai accouché avec un gynécologue homme très féministe. Je le précise car j’ai senti combien il a fait attention à me préserver au moment de la sortie de ma fille et combien il a été compréhensif. Il y avait aussi une sage-femme un peu débordée. J’ai eu deux péridurales qui ne m’ont pas donné d’effet. Alors que je la désirais tellement... mais j’ai supporté la douleur. Ça fait mal, mais je n’ai pas ressenti le besoin d’extérioriser ça par des cris. Je garde un souvenir très intimiste de mon accouchement. On était parfois seuls avec le gynécologue qui tenait ma jambe gauche tandis que mon chéri tenait ma jambe droite et que je poussais. Ma fille est née dans une lumière tamisée dans une ambiance très douce. Alors que je n’y accordais aucune importance, j’ai adoré ça. Et même si la suite s’est avérée plus compliquée, je garde un merveilleux souvenir. Le gynécologue et la sage-femme ont été très motivants et encourageants. Mon chéri et moi avons fait un travail d’équipe pour mettre au monde notre fille. J’ai pu compter sur lui comme jamais. Je n’aurais pas pu être mieux. Lire moins

  • Pauline

    août 14, 2020 à 22 h 08 min
    Répondre

    J'ai hâte de lire les 3 suivants maintenant! Je ne garde pas spécialement un bon souvenir de mon premier accouchement ( césarienne programmée ), mais […] Lire la suiteJ'ai hâte de lire les 3 suivants maintenant! Je ne garde pas spécialement un bon souvenir de mon premier accouchement ( césarienne programmée ), mais c'est celui où j'ai le plus pleuré d'émotions (et le papa aussi) : nous étions enfin une famille, notre bébé était là après le parcours Pma que j'ai mal vécu (pourtant positif dès la première Fiv). J'étais juste spectatrice de la naissance de mon enfant, sans parler de la douleur des jours (semaines) suivants... Pour bb2, le parcours ayant été plus compliqué, je suis ravie d'avoir eu un accouchement comme je le souhaitais ! J'ai aussi beaucoup souffert de la soif lors la césarienne, je n'ai pas eu le droit de boire ni de manger de 7h jusqu'à 20h (bb1 né à 15h05) ! Heureusement pour un accouchement par voie basse il est tout à fait autorisé de boire maintenant ( et de manger ) même avec une péridurale ! Lire moins

  • Flore

    août 12, 2020 à 19 h 24 min
    Répondre

    En effet, je ne savais pas pour la brèche et c’est une des pires complications de la péridurale. Pour ma part, j’ai connu cette soif […] Lire la suiteEn effet, je ne savais pas pour la brèche et c’est une des pires complications de la péridurale. Pour ma part, j’ai connu cette soif intenable clouée dans un lit des soins intensifs au réveil d’une anesthésie générale. J’ai attendu 5h avant de pouvoir boire avec une gorge en feu à cause de l’intubation. C’était une réelle torture et il parait que c’est une des premières conséquences de l’hémorragie. Une hémorragie sévère (qui aurait pu être fatale si l’hôpital n’avait pas sa propre banque de sang) est survenue 2h après mon accouchement sans péridurale. J’ai dû donc subir une révision utérine sous anesthésie générale et une séparation avec mon fils qui a duré 24h... Cet accouchement a ouvert mes yeux et mon esprit. J’ai changé d’avis sur beaucoup de choses (les accouchements en petite structure, les accouchements à domicile, la péridurale, la position lors de l’accouchement, la nourriture en salle de naissance etc). J’ai lu beaucoup de livres également mais je n’ai rien pu mettre en pratique. Certes, le lâcher prise est primordial dans le vécu de la douleur. Faire abstraction du regard des autres mais aussi de celui du papa. Et contrairement à ce qu’on croit : il ne faut surtout pas s’enfermer dans sa bulle! Ma sage-femme allait même jusqu’à m’interdire de fermer les yeux! Je pensais également accoucher accroupie à 4 pattes sans péridurale et pourtant je n’ai pas pu le faire alors que j’en ai vécu 2 sans! Pourtant, j’en avais discuté avec mon médecin. Cette position est théoriquement la meilleure mais pas toujours et les bébés descendent et naissent sans problème en position obstétricale. Dernier point qui me semble important concerne l’avis de Guasquet. J’ai lu plusieurs de ses livres et j’ai appris à prendre avec des pincettes ses théories. Elle dresse souvent un tableau très noir et ses théories sont un peu extrêmes et pas toujours soutenues par des recherches médicales exhaustives. J’admire son travail pour la santé des femmes et je fais du yoga depuis des années mais je ne suis pas d’accord avec le fait qu’il ne faut pas pousser. On ne peut que pousser! Quand on accouche par voie basse sans péridurale la poussée est un réflexe. Ça ne se contrôle pas! On pousse car c’est ressenti comme un besoin urgent. On accompagne la contraction par une poussée qui soulage un tout petit peu en phase de délivrance... D’ailleurs, c’est la parturiente qui exprime le besoin de pousser et l’équipe médicale suit le mouvement ou, en cas de complications (comme par exemple le cordon autour du cou ou pire la procidence du cordon), lui demande d’arrêter de pousser. La grossesse et l’accouchement affaiblissent et abîment le périnée c’est un fait mais on l’accepte sinon on ne ferait pas d’enfants. La rééducation est là pour ça mais à croire Guasquet tout abîme les abdominaux et le périnée (même notre façon de respirer!). Ses livres peuvent être déprimants! Je vous souhaite un accouchement dans la sérénité avec ou sans péridurale ;-) Lire moins

  • Emmapeel

    août 12, 2020 à 18 h 55 min
    Répondre

    Ps : je suis d'accord, la soif est une terrible torture, elle peut même empêcher de profiter du bébé qui vient de naître tellement on […] Lire la suitePs : je suis d'accord, la soif est une terrible torture, elle peut même empêcher de profiter du bébé qui vient de naître tellement on compte chaque minute des 2h à attendre après l'accouvhement. Quant aux cours de préparation, je n'y serais pas allée si j"avais su qu'ils etaient aussi inutiles et en ce qui me concerne, je n'ai toujours pas compris comment on peut "pousser en bas"quand on ne sent rien... Lire moins

  • Emmapeel

    août 12, 2020 à 18 h 39 min
    Répondre

    Ton récit me conforte dans mon opinion depuis la naissance de mon fils : on aurait dû me faire marcher pour le faire descendre au […] Lire la suiteTon récit me conforte dans mon opinion depuis la naissance de mon fils : on aurait dû me faire marcher pour le faire descendre au lieu de rester allongée de 20h à 7h du matin, sans pouvoir dormir et sans rien à lire car je m'etais dit que j'aurai (j'aurais ??) du mal à me concentrer et que je regarderai (regarderais ?? ) la télé mais il n'y en avait pas. Je trouve totalement lunaire d"être allés vous promener !! Mention speciale a la sf qui m' a dit a 4h30 du matin, on attend encore kil descende 1h30 max et qui n'est plus venu me voir pendant plus de 2h...A son retour je lui ai hurlé dessus et elle a repondu au bord des larmes que nous accouchions toutes en même temps. Pour finir, ta gyneco ne pouvait pas ètre plus detestable que la mienne ! Heureusement c'est le medecin de garde qui etait présent Lire moins

  • Flore

    août 12, 2020 à 9 h 32 min
    Répondre

    Bonjour, J’avoue ne pas trop vous connaître je suis tombée sur votre page insta de fil en aiguille et me voilà entrain de lire ce récit... J’ai […] Lire la suiteBonjour, J’avoue ne pas trop vous connaître je suis tombée sur votre page insta de fil en aiguille et me voilà entrain de lire ce récit... J’ai aussi connu un premier accouchement avec péridurale trop fortement dosée et une sage femme qui appuyait sur mon ventre. Bien entendu, je l’ai mal vécu et surtout je me suis sentie si infantilisée alors que j’étais sur le point d’enfanter. Le manque de confiance des primipares est notoire et tout à fait compréhensible. Le manque de bienveillance de certaines équipes médicales laisse pantois également. Néanmoins, je tiens à apporter quelques précisions concernant certaines remarques ou conclusions énoncées dans votre billet. Les médecins doivent être présents lors d’un accouchement dans les hôpitaux et cliniques privés. C’est le protocole. La sage-femme prévient votre médecin ou le médecin de garde dès votre arrivée et celui-ci arrive au moment de la poussée. Le tarif du médecin est généralement un tarif forfaitaire plat (d’ailleurs c’est souvent le même pour un accouchement par voie basse ou césarienne). Même sans péridurale (j’en ai vécu 2 sans par la suite), nous n’avons pas le droit de boire ou de manger en salle de naissance. Ce n’est pas à cause de la péridurale. Le corps médical se tient en alerte au cas où il faudrait passer au bloc pour une césarienne et donc l’estomac doit être vide comme pour toute chirurgie. La position obstétricale n’est pas la meilleure pour accoucher. C’est vrai mais j’ai compris qu’elle était vitale quand un de mes bébés s’est présenté avec le cordon autour du cou. Le médecin a tout de suite vu et réagi en conséquence sinon ça aurait pu être catastrophique... J’ai compris qu’il était toujours très facile de refaire le film et de culpabiliser parce qu’on s’est laissées faire à un premier accouchement... Ça sera le cas pour le reste de notre vie de mamans: c’est un long apprentissage et notre premier enfant nous apprendra le plus sur nous-mêmes et sur la vie. Dernier point que je souhaite relever et c’est plutôt un conseil que je me permets de vous donner sans aucun jugement de ma part. Je comprends votre désir d’accoucher sans péridurale. Je l’ai fait mais j’allais changer d’avis jusqu’au dernier moment à chaque fois! Cependant, comme m’a dit ma sage-femme lors de mes deux derniers accouchements « en salle de naissance nous avons que des surprises ». Le corps médical ET les parturientes doivent rester conscients que personne ne sait comment l’accouchement va se dérouler. Les livres ne vous apporteront que de la théorie et des informations parfois conflictuelles. Tout est dans le ressenti le jour J. La douleur est d’une intensité inimaginable. Ça ne ressemble à rien d’autre. Il faut beaucoup de laisser aller. Il faut accepter de crier et de gémir. Ma gynécologue m’avait même dit qu’elle n’avait jamais vécu un accouchement sans péridurale sans cris! Ne vous mettez pas d’objectif comme par exemple vouloir accoucher à tout prix tel jour (comme pour votre premier) ou de telle façon. Vous verrez bien. L’essentiel c’est que ça se passe bien. Le reste n’est que du détail. Lire moins

    • uneparenthesemode
      à Flore

      août 12, 2020 à 13 h 43 min
      Répondre

      Bonjour, En effet l'infantilisation est indéniable, surtout pour un premier accouchement. Concernant la présence des gynécologues en hôpital privé : il ne me semble pas que ce […] Lire la suiteBonjour, En effet l'infantilisation est indéniable, surtout pour un premier accouchement. Concernant la présence des gynécologues en hôpital privé : il ne me semble pas que ce soit obligatoire. En tout cas il n'y en a pas eu lors de mon deuxième accouchement dans le même hôpital privé. Au sujet de l'autorisation de boire, les choses ont changé, et même dans cet hôpital, même quand on a une péridurale. Une lectrice qui me suit sur Instagram et y a accouché il y a un mois et demi en a témoigné. Une amis m'a même envoyé le lien vers un article qui explique que cette interdiction (surtout quand la soif est intenable comme c'était le cas pour moi) peut être considérée comme une forme de violence. En outre il n'y a pas de justification scientifique à cette interdiction et c'est désormais autorisé un peu partout. Au sujet de la nourriture je suis d'accord : il faut éviter. Voici l'article en question (que je vais ajouter dans l'article) :https://www.franceinter.fr/emissions/sante-polemique/sante-polemique-22-mars-2018 Concernant la position de l'accouchement, je me suis beaucoup renseignée et cette position gynécologique empêche la progression du bébé dans le bassin car le sacrum est compressé. Au sujet de mon premier accouchement : j'ai compris bien plus tard que plusieurs choses auraient pu être évitées. Mais je ne me suis jamais refait le film et en garde un très bon souvenir : le bébé et moi allions bien, c'était l'essentiel. Enfin, pour ce qu'il en est de la péridurale : ce n'est pas cet accouchement qui m'incite à tenter d'accoucher sans. D'ailleurs je l'ai demandée sans hésiter lors des deux accouchements suivants. C'est lié à la brèche dans la dure-mère qui a été provoquée lors de ma dernière péridurale. J'ai souffert atrocement, on m'a laissée sortir ainsi et j'étais dans un désarroi total. J'en étais même à comprendre pourquoi certaines personnes qui souffraient trop disaient vouloir mourir. Tout est expliqué dans cet article : https://uneparenthesemode.com/personne-ne-dit-peridurale/ Je sais très bien que chaque accouchement est surprenant et forcément différent de l'idée que l'on s'en fait. Je lis des livres car le sujet m'intéresse. C'est mon côté "bonne élève" : j'ai besoin de m'approprier un sujet de manière théorique, pour éventuellement le mettre en pratique - ou pas. J'ai énormément appris au gré de mes lectures, et tout cela était passionnant. Je sais que si je prends la péridurale, je ne le vivrai pas comme un échec. Je me serai donné les moyens d'essayer, mais il est possible que la situation ne me le permette pas. De même si je n'accouche pas le jour que j'ai choisi ce n'est pas grave, d'ailleurs je n'arrive pas à choisir de date cette année, c'est un signe ! J'ai une grande résistance à la douleur et je sais que le fait de savoir que mon bébé arrive va me faire accepter beaucoup de choses. Le seul élément qui risque de me freiner en effet, c'est d'oser et de lâcher prise. J'ai tendance à vouloir être dans le contrôle, notamment de mon image. Il faut que j'accepte l'idée d'accoucher à quatre pattes en poussant des cris, de laisser place à l'animalité en nous. J'y travaille mais il faut absolument que je sois dans ma bulle en faisant abstraction du regard extérieur. Je suis bien d'accord : l'essentiel est que ça se passe bien. :-) Lire moins

  • Laetitia s

    août 11, 2020 à 22 h 01 min
    Répondre

    merci pour ce récit plein de sincérité, je me retrouve sur pas mal de points avec mon premier accouchement "malheureusement". On attend maintenant celui de […] Lire la suitemerci pour ce récit plein de sincérité, je me retrouve sur pas mal de points avec mon premier accouchement "malheureusement". On attend maintenant celui de Helia avec impatience ! Lire moins

  • uneparenthesemode

    août 11, 2020 à 21 h 48 min
    Répondre

    Oui les choses évoluent mais il y a encore tellement de choses que l'on ne connaît pas. Heureusement que l'on peut se renseigner autrement désormais, […] Lire la suiteOui les choses évoluent mais il y a encore tellement de choses que l'on ne connaît pas. Heureusement que l'on peut se renseigner autrement désormais, mais il faut faire attention car on tombe sur tout et n'importe quoi sur Internet. Lire moins

  • palmiero marine

    août 11, 2020 à 21 h 20 min
    Répondre

    Maintenant le récit d'Hélia !!!!

  • Anne

    août 11, 2020 à 21 h 17 min
    Répondre

    Tout ce que tu décris me parle. Cette sensation de finalement ne pas savoir comment ça doit/peut se passer. Ma sage femme m’avait pourtant expliqué […] Lire la suiteTout ce que tu décris me parle. Cette sensation de finalement ne pas savoir comment ça doit/peut se passer. Ma sage femme m’avait pourtant expliqué pleins de choses mais je crois que lors du premier accouchement, on a du mal à « gérer » les complications..... et on ose pas dire « je voudrai.... ». Ce médecin qui reste juste pour l’argent, cette méthode qui te laisse des côtés cassées.... au secours ! j’ai beaucoup aimé ce récit en deux parties et j’ai hâte de découvrir là suites (j’ànticipe😂) avec celui d’Hélia et de Milan et.... Lire moins

    • uneparenthesemode
      à Anne

      août 11, 2020 à 21 h 45 min
      Répondre

      Oui pour un premier accouchement on n'ose pas s'exprimer, du moins ça a été mon cas. Et c'était la même chose ensuite quand on me […] Lire la suiteOui pour un premier accouchement on n'ose pas s'exprimer, du moins ça a été mon cas. Et c'était la même chose ensuite quand on me montrait les soins à prodiguer au bébé. Je me sentais comme une petite fille à qui on apprend tout. D'ailleurs il y a une véritable infantilisation. En effet j'ai cumulé et avec le recul j'en veux beaucoup à cette gynécologue. Bien sûr ce n'est pas elle que j'étais allée voir pour la grossesse suivante, celle d'hélai, et lui était génial en revanche. Lire moins

  • Bisous de Nantes 🌺

    août 11, 2020 à 19 h 29 min
    Répondre

    Je n'ai vécu qu ' un accouchement( pour les 2 enfants nés à 5 ans d'intervalle...) et jai eu la meme impression que toi. On […] Lire la suiteJe n'ai vécu qu ' un accouchement( pour les 2 enfants nés à 5 ans d'intervalle...) et jai eu la meme impression que toi. On ne connais rien aux protocoles medicaux. On nous prépare... vaguement en 10 leçons mais le jour J, on edt bien dépourvues.... L accouchement est tellement médicalisé et si peu naturel qu'on se laisse mener par les injonctions des pro. Je reconnaîs cependant que ce jour est le debut de la plus belle aventure qui nous est donnée/offerte de vivre. Merci Karine. Bisous de Nantes 🌺 Lire moins

    • uneparenthesemode
      à Bisous de Nantes 🌺

      août 11, 2020 à 21 h 47 min
      Répondre

      Oui c'est tout à fait ça : les cours ne sont finalement pas utiles et une fois le jour J venu, on se laisse complètement […] Lire la suiteOui c'est tout à fait ça : les cours ne sont finalement pas utiles et une fois le jour J venu, on se laisse complètement guider voire infantiliser. En effet le fait que ce soit le début d'une belle aventure permet d'avancer malgré ce qu'on vient de vivre. Lire moins

  • Gingerlemon92

    août 11, 2020 à 18 h 00 min
    Répondre

    Je ne sais pas comment ça se passe maintenant mais c'est vrai que l'on arrive à l'accouchement avec beaucoup d'ignorance. Dans la maternité où j'ai […] Lire la suiteJe ne sais pas comment ça se passe maintenant mais c'est vrai que l'on arrive à l'accouchement avec beaucoup d'ignorance. Dans la maternité où j'ai accouché, il y a bien longtemps, les bébés restaient à jeûn pendant 24h. Résultat, mes allaitements ne se sont pas mis en place efficacement. On ne nous dit pas grand chose non plus sur le post partum, tant la pression sociale instaure que la maternité est le plus beau rôle d'une femme et qu'il faut avoir des enfants pour être une femme accomplie! Lire moins

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Derniers articles
Restons en contact
 

Retrouvez mes anciens articles