Prof : vocation dépression ?

Sur ce blog que je tiens depuis plus de huit ans, je n’ai évoqué mon métier que de manière allusive. Pourquoi ? Car ce n’était pas le propos de départ, il suffit de regarder le nom de mon blog : « Une parenthèse (mode) ». Mais au fur et à mesure des années, j’ai étendu les domaines et ce blog qui n’était consacré qu’à la mode et à la beauté s’est ouvert à d’autres sujets. On m’a demandé plus d’une fois de parler de mon métier, mais je me suis toujours mis des barrières.

En effet, j’ai eu beau tenter de garder mon blog secret, les élèves ont bien vite découvert son existence. Lorsque j’en ai pris connaissance il y a des années, je suis restée mortifiée et prête à tout arrêter. Je voulais garder cela loin de mon environnement professionnel. En y réfléchissant, je me suis dit que ce blog ne me portait pas préjudice, qu’il ne portait pas préjudice à mon métier non plus, donc je l’assume.

Mais je ne souhaite pas raconter ce que je peux vivre en classe ou avec les collègues, tout simplement parce que je dépasserais le cadre que je me suis fixé. Cela plairait aux élèves qui viendraient lire et interpréter mes propos, se reconnaître ou reconnaître des camarades… J’évite donc !

Cette longue introduction était nécessaire pour amener un sujet encore jamais évoqué : ma façon de voir mon métier.

Il y a encore quelques mois, je pérorais et annonçais fièrement : « J’adore mon métier ». Mais tout a changé, même si j’ai toujours un plaisir immense à retrouver les élèves en cours et à leur transmettre ma passion de la lecture.  Je vous explique les raisons de ma remise en question :

I Prof : une vocation

Exercer ce métier c’est souvent répondre à une vocation. Le terme vocation est fort puisqu’il vient du verbe latin « vocare » signifiant « appeller ». Comme la religion, l’enseignement est un sacerdoce. J’irais même jusqu’à dire que les enseignants qui exercent ce métier pour les mauvaises raisons (sécurité de l’emploi et vacances) sont bien vite déçus ou résignés.

On devient souvent enseignant par transmission familiale. Quel professeur n’a pas un membre de l’Education Nationale dans sa famille ? De mon côté, quand je regarde ma famille proche (j’allais écrire prof) j’en compte 7 !

—> Oui je me suis sentie appelée et je voulais absolument faire partie de cette grande famille de l’Education Nationale.

II Prof : un parcours long

Lorsque je suis devenue enseignante, j’ai pu passer le CAPES à bac +3. En l’occurence j’avais un bac +4 car j’ai fait une maîtrise ( équivalent du Master 1 pour les plus jeunes). Ce concours était réputé difficile, il m’a demandé un travail préparatoire. Certes, il ne s’agissait pas d’un travail intense et asservissant comme le subissent les élèves des écoles de médecine, mais c’était néanmoins du travail.

J’ai obtenu mon CAPES au bout de ma deuxième tentative, et le jour des résultats fait partie des plus beaux moments de ma vie : c’était le 14 juillet 2005.

Je me souviens des oraux du concours comme si c’était hier, de ma joie d’avoir eu à un traiter un extrait des Mots de Jean-Paul Sartre. Puis de mon enthousiasme à l’idée d’être une véritable professeure de Lettres Classiques.

Aujourd’hui pour être enseignant, c’est au bout d’un cursus de 5 années… et le nombre de postulants s’effondre. Evidemment ! Qui veut faire 5 ans d’études pour exercer un métier si mal payé et si mal considéré ?

Ces schémas (trouvés dans cet excellent article de Libération) en disent long. Vous pouvez voir la baisse phénoménale du nombre de candidature au moment de la masterisation décidée sous Nicolas Sarkozy. A partir de 2010-2011, tout candidat devait avoir un niveau Master. Il n’y a pas eu d’effet rebond : les candidats ne sont plus au rendez-vous et c’est encore plus frappant chez les professeurs des écoles.

—> Cette baisse du nombre de candidats corrélée à une augmentation des postes vacants amène à un recrutement de candidats aux compétences plus faibles. C’est inévitable, ne nous leurrons pas.

III Prof : un pion

Un pion oui, c’est le terme idoine pour bien des situations.

A. Les vacataires

Avant de réussir le concours, j’ai commencé en tant que vacataire. J’ai débuté à ma sortie de Khâgne (deuxième année de classe préparatoire littéraire), donc très jeune. Et chaque année, en parallèle de mes études universitaires, j’ai effectué des remplacements dans des collèges. A la rentrée scolaire, j’avais tellement d’appels de chefs d’établissement qui voulaient absolument me voir venir dans leur collège que j’ai dû être ferme auprès du Rectorat. Oui j’avais l’embarras du choix ! Cela en dit long sur le manque cruel d’enseignants, déjà il y a plus de 15 ans. J’effectuais surtout des remplacements en latin : une matière qu’on croit oubliée mais très demandée. Et les professeurs de Lettres Classiques sont rares et l’ont toujours été. Vous pouvez le constater sur le schéma précédent.

Le sujet des vacataires et des maîtres auxiliaires est un problème grave : pour faire face à la pénurie des vocations, mais aussi par souci d’économie, l’Etat en engage de plus en plus. Oui c’est économique pour l’Etat : un vacataire n’est payé que sur les heures effectuées : il n’a aucune rétribution pour les vacances par exemple. Bien sûr, cela donne lieu à ce que vous imaginez : des « vacataires » qui viennent faire acte de présence, subissent leur heure de cours, et sont ensuite payés. Je l’ai vu et entendu plus d’une fois lorsqu’un vacataire « enseignait » à côté de moi. Un brouhaha assourdissant m’empêchait de faire cours correctement.

Mais attention ne nous trompons pas de cible : je n’en veux pas à ces personnes qui n’ont eu aucune formation et qui veulent gagner de l’argent d’une manière ou d’une autre. J’en veux à ce système qui les catapulte du jour au lendemain dans une salle de classe face à des adolescents qui s’apprêtent à tester « le nouveau ».

B. Les TZR

Si vous êtes prof ou si vous en avez fréquenté, ce terme TZR ne vous est pas étranger. Il signifie « Titulaire de Zone de Remplacement ». Presque tous les profs débutants ont droit à ce charmant statut. Ils doivent aller effectuer des remplacements annuels (quand ils ont de la chance) ou périodiques ( souvent). La plupart du temps cet établissement est loin de chez soi, le TZR est le « remplaçant » qu’il s’agit de tester, qui arrive comme un cheveu sur la soupe, après la rentrée, et qui a bien du mal à s’intégrer malgré tous ses efforts.

Il a beau avoir obtenu le même concours que ses collègues, il est « le TZR » : celui qui a l’emploi du temps pourri car on le connaissait pas. C’est plus facile de sacrifier un inconnu.

Au bout de quelques années de demandes de mutation hautement stratégiques, il peut espérer un poste fixe… s’il n’a pas craqué avant.

—> Ce concept de remplacements, avec des enseignants que l’on sacrifie est totalement aberrant.

IV Prof : la mutation

Ah la mutation ! L’éternel sujet des enseignants. Vous avez forcément eu un collègue d’EPS venant du Sud, armé de son bronzage et de ses illusions, qui se voit catapulté dans un collège isolé et précaire de région parisienne. Loin de ses proches et de ses repères, il tente de se raccrocher à sa passion du métier. Néanmoins l’aigreur et la rancune guettent… et il va falloir attendre quelques années pour repartir dans ce Sud tant aimé.

De même je ne compte plus les collègues de région parisienne qui tentent chaque année de retrouver leur chère Bretagne ou l’Académie de Nantes, mais qui rongent leur frein et leur reste d’illusion dans un collège REP du 93.

Car oui là aussi les professeurs doivent subir des lieux d’affectation à l’opposé de leurs souhaits initiaux. C’est la raison pour laquelle certains collègues se Pacsent par arrangement, afin de faire jouer le fameux « rapprochement de conjoint ».

Demander sa mutation nécessite des points (tiens on y revient à cette histoire de points) qu’il faut gagner et jouer de manière stratégique. Pourtant tout cela est loin d’être un jeu. Heureusement que les syndicats sont là pour nous aider dans ce brouillard.

—> La mutation est un sujet sensible et complexe, qui a déjà dérouté (et dégoûté) plus d’un d’entre nous.

V Prof : compassion

La vision de notre métier a changé. Je le perçois à mon petit niveau. Lorsque j’ai commencé à enseigner (en tant que vacataire donc) les réactions étaient enthousiastes à l’évocation de mon métier. J’étais fière de l’annoncer et d’en parler.

Depuis un peu moins de 10 ans, les choses ont radicalement changé. Je vois surtout de la compassion (chez les plus bienveillants). Et quand je précise que j’enseigne dans un collège REP+, j’en sens encore plus.

Pour information les établissements Rep+ font partie d’un Réseau d’Education Prioritaire renforcé. Ce réseau englobe aussi la primaire et la maternelle. Cela est censé désigner les établissements les plus difficiles. Il y a des compensations : des classes moins chargées, du matériel à disposition, une prime et une pondération du temps de travail pour donner lieu à des réunions de réseau.

J’ai commencé dans l’Académie de Versailles , dans des collèges pas « faciles » mais tout à fait gérables. Lorsque j’ai obtenu ma mutation dans l’Académie de Paris, j’ai demandé « tout établissement sauf Rep et Rep+ ». J’estimais avoir droit à un peu plus de tranquillité au bout de 15 ans. Quelle ne fut pas ma surprise à l’annonce de mon affectation : un collège REP+ ! Heureusement tout se passe très bien et je ne demande pas à en partir car c’est un établissement que j’adore.

Oui je grossis le trait : beaucoup s’obstinent à nous voir encore comme des privilégiés fainéants qui ont peu d’heures de cours, beaucoup trop de temps libre et autant de vacances que leurs enfants (trop donc).

Cependant ce métier ne fait plus rêver personne, et cela en dit long.

—> Même moi qui reste encore passionnée (mais pour combien de temps ?) je déconseillerais à un aspirant professeur de se lancer dans cette voie.

VI Prof : une condamnation

Quand on est enseignant, nous ne connaissons pas les avantages que peuvent avoir les salariés dans le privé. Attention je ne critique pas les salariés du privé qui ont eux aussi leurs problèmes. Mais tout ce qui est comité d’entreprise qui prend en charge une partie des activités sportives, carte ticket restaurant, place de cinéma ou de spectacle à prix réduits : nous ne connaissons pas.

Certes nous avons le Pass Education qui nous permet d’entrer gratuitement dans certains musées, mais c’est tout !

Quant à la mutuelle : la MGEN on en parle ? Notre fameuse mutuelle réputée avantageuse ? Je vois qu’elle a les moyens de lancer de grandes campagnes publicitaires à la télévison avec Martin Fourcade comme égérie. C’est sûr que vu ce qui est prélevé chaque mois sur le salaire des fonctionnaires, on a un bon budget pub. En revanche quand il s’agit de mettre en place des remboursements légitimes, il n’y a plus personne. Tout est hors catégorie. Enfin moi j’en suis partie il y a des années, sans regrets.

A présent parlons salaire. Les chiffres et moi c’est compliqué donc je ne vais pas m’étendre sur le sujet. Mais le fameux gel du point d’indice fait stagner notre salaire depuis 10 ans. Ce schéma en dit long :

En outre, un enseignant (et un fonctionnaire en général) n’a pas le droit d’exercer une autre activité à côté, sauf s’il est à temps partiel et si l’activité est en rapport avec son métier. Ainsi une enseignante qui voudrait lancer son entreprise de créations de bijoux n’en aura pas le droit. Mais que va-t-elle bien faire de tout son temps libre ? Ecrire un article-fleuve pour faire part de son désarroi peut-être ?

Un enseignant d’EPS ne pourra pas devenir coach sportif le week-end pour compléter son salaire. Non voyons : on se voue corps et âme à la fonction publique et tant pis si on ne parvient pas à boucler les fins de mois. Nous sommes déjà tellement privilégiés.

—> Avec des salaires aussi faibles par rapport à beaucoup de confrères européens, et pour une puissance comme la France, comment ne pas vouloir revendiquer davantage ?

 

VII Prof : par répartition

Ce fameux système de retraites par points va pénaliser grandement une profession déjà dévalorisée. Le calcul de la retraite sur la carrière totale et non pas sur les 6 derniers mois est très inquiétante. C’est en fin de carrière que nos salaires sont enfin valorisés. Que dire des femmes qui en plus ont eu des congés maternité ou parentaux ?

Ce système nous condamne définitivement, et nous ne sommes pas les seuls touchés.

Les enseignants semblent faire partie de cette majorité silencieuse, que l’on ne voit pas et que l’on n’entend pas. Même les actions symboliques passent à la trappe : l’envahissement du Rectorat de Paris mercredi dernier, les établissements bloqués. Tout est tu, tout est caché.

—> Faut-il avoir recours à la violence ou à la paralysie pour se faire entendre ? Au sacrifice peut-être. Cela dit c’est déjà un métier sacrifié.

VIII Prof : les dissensions

Les différentes journées de grève s’apparentent à mes yeux à des coups d’épée dans l’eau. Oui certains enseignants sont absents, mais l’établissement fonctionne. Le Rectorat fait remonter des chiffres bien étranges. Des collègues ont perdu 6 ou 7 journées de salaire, sont allés manifester pour faire valoir nos intérêts. Mais pour quel effet ?

De mon côté j’ai fait une seule journée de grève, la première, et n’ai pas vu l’intérêt de faire les autres. Nous sommes confrontés à un mur : le gouvernement, et nous nous sentons bien démunis.

Evidemment les dissensions entre grévistes et non grévistes ont pu se faire sentir. Les chefs d’établissement se voient eux aussi attaqués.

—> Ne nous trompons pas de cible. Il faut trouver un moyen d’agir et de s’exprimer, mais lequel ? S’immoler devant le ministère ?

IX Prof : reconversion

L’ironie de la situation ? Début janvier nous avons reçu une circulaire ministérielle nous donnant les démarches à suivre pour une reconversion professionnelle !

Moi qui ai toujours aimé ce métier et voulais l’exercer durant toute ma carrière, je me pose des questions. J’ai choisi les Lettres Classiques car j’adore le latin et le grec. En 19 ans d’enseignement, je n’ai jamais eu la chance d’enseigner le grec. Et mes heures de latin se sont vu réduire par Najat Vallaut Belcacem. Nous sommes passés de 8 heures à 5 heures en tout (2 heures en 4e et en 3e, 1 heure en 5e). Pourquoi ? Officiellement car cela coûtait trop cher et était élitiste. J’ai toujours enseigné dans des établissements difficiles, et ai toujours eu des latinistes, et pas que les fameux « enfants de BoBo ».

Au-delà de mon cas particulier, pas bien grave, je ne compte plus les collègues écoeurés par leur métier, qui n’y voient plus aucun sens.

—> La réforme du lycée et du Bac semble être une aberration totale. Avis aux collègues de lycée : n’hésitez pas à expliciter en commentaire les points les plus litigieux de cette réforme.

X Prof : abandon

Puisque nous nous sentons abandonnés… autant tout quitter. Certains collègues songent sérieusement à tout arrêter. Mais c’est surtout cette crise des vocations qui m’inquiète. Il y a tellement peu de candidats que l’on revoit les exigences à la baisse. Ainsi, le manque est tel dans l’Académie de Créteil, que 2/3 des candidats au concours de professeur des écoles obtiennent un poste :

Et ces nouveaux collègues, confrontés à de cruels manques de moyens, à des classes surchargées, à des parents démissionnaires, à des enfants violents… combien de temps tiendront-ils ?

Et l’abandon ultime n’est pas la démission. C’est l’acte désespéré de cette directrice d’école, Christine Renon, lors de cette dernière rentrée scolaire : le suicide. Sa lettre en disait long sur l’usure provoquée par son métier.

—> Une éducation au rabais ? Oui  Une éducation sacrifiée ? Aussi.

Conclusion

Je finis avec cette question d’une enseignante de philosophie qui va démissionner : « Si nous-mêmes nous n’avons plus envie, comment donner envie aux élèves ? » Je l’ai écoutée dans l’épisode d’Interception intitulé « Les maux du corps enseignant », je vous le recommande vivement.

Les enseignants voient donc la fin des illusions, ils sont sacrifiés par le gouvernement d’Emmanuel Macron… Et ne sont pas les seuls. Quand je vois la détresse de l’hôpital public, je suis particulièrement inquiète.

J’aimerais que ce long article ne s’arrête pas ici. N’hésitez pas à le partager, à commenter pour l’étayer et le compléter. Il y a tant à dire, en espérant pouvoir agir ou déjà faire réagir.

36 commentaires
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Commentaires

  • Makhzoum Rima

    novembre 27, 2020 à 13 h 10 min
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    Bonjour, C'est avec beaucoup de compassion et de tristesse que je lis cet article. Actuellement étudiante en licence d'histoire, je ne me vois nulle part […] Lire la suiteBonjour, C'est avec beaucoup de compassion et de tristesse que je lis cet article. Actuellement étudiante en licence d'histoire, je ne me vois nulle part ailleurs que dans l'éducation nationale. Or quand je lis les expériences de beaucoup de personnes, cela ne me donne plus envie. Ce métier n'est d'ailleurs pour moi absolument pas une vocation... Que me conseillez-vous? Me réorienter maintenant au risque de perdre une ou deux années, ou rester emprisonnée par les mailles de l'EN? Je suis dans le doute et ce type d'article me conforte dans mon envie de renoncer à ce métier qui demande énormément de sacrifices, pour au final si peu de reconnaissance. Lire moins

    • uneparenthesemode
      à Makhzoum Rima

      novembre 30, 2020 à 16 h 21 min
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      Bonjour, c'est très difficile de vous conseiller dans un choix aussi crucial. En effet je vois de plus en plus de collègues qui ne sont […] Lire la suiteBonjour, c'est très difficile de vous conseiller dans un choix aussi crucial. En effet je vois de plus en plus de collègues qui ne sont pas satisfaits de leur profession, mais ne la quittent pas pour autant. De mon côté je continue à aimer mon métier et ne regrette pas ce choix. Mais c'était une véritable vocation. Quelle autre voie envisageriez-vous ? Lire moins

  • Gingerlemon92

    janvier 27, 2020 à 16 h 31 min
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    Je prends enfin le temps de répondre à ton article, qui dresse un bilan triste et bien réel de la façon dont ont été mis […] Lire la suiteJe prends enfin le temps de répondre à ton article, qui dresse un bilan triste et bien réel de la façon dont ont été mis à mal les services publics français. Ce que tu relates pour l'éducation nationale est aussi vrai pour la santé. La France avait des services publics performants qui ont été sabordés par les décisionnaires politiques. On pourrait aussi parler des services publics qui fonctionnaient bien mieux avant leur privatisation. Concernant l'éducation et la santé, on aboutit à un système à deux vitesses. Les mieux nantis se tournent vers le privé pour continuer à avoir des prestations de qualité. Je suis de la génération des babyboomers. Nous étions 40 élèves par classe. A la fin du CP, tous les élèves savaient lire. Les rares qui ne savaient pas ne passaient pas dans la classe supérieure. Je suis sidérée que des enfants entrent au collège sans savoir lire. Les enseignants n'ont plus le respect dû à leur métier et c'est bien dommage car leur fonction est un investissement sur l'avenir. Comme tu l'abordes, cela amène à la situation des fonctionnaires, ces pseudo-nantis, dont les salaires sont gelés depuis de nombreuses années. Peu de primes et une retraite menacée par la réforme en cours. Ton article est courageux car il aborde sans langue de bois un vrai sujet de société. Lire moins

    • uneparenthesemode
      à Gingerlemon92

      février 24, 2020 à 13 h 11 min
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      Merci pour ton éclairage passionnant. En effet il y a une véritable dégradation dans la fonction publique, c'est très inquiétant. Comme tu le dis, ceux qui […] Lire la suiteMerci pour ton éclairage passionnant. En effet il y a une véritable dégradation dans la fonction publique, c'est très inquiétant. Comme tu le dis, ceux qui en ont les moyens se tournent vers le privé, pour l'éducation comme pour la santé. Un triste constat. Lire moins

  • Marianne

    janvier 24, 2020 à 18 h 59 min
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    Je n'appartiens pas à ce milieu mais j'ai côtoyé dans ma carrière de jeunes cadres issus d'écoles de commerce et j'ai été confondue par leur […] Lire la suiteJe n'appartiens pas à ce milieu mais j'ai côtoyé dans ma carrière de jeunes cadres issus d'écoles de commerce et j'ai été confondue par leur misère intellectuelle. Très bon techniciens mais perdus sans internet. Ils n'en sont absolument pas conscients. C'est un problème qui est ancien. Former des hommes et des femmes avec une solide culture humaniste qui forge un caractère ou bien des exécutants polyvalents. C'est pire aux États Unis puisque là bas le mot culture est un épouvantail hors certaines classes privilégiées. On voit où cela mène. Autrefois rien qu'au niveau du certificat d'études il y avait un solide substrat qui se transmettait à la la génération suivante et donnait l'envie d'apprendre et de se cultiver tout au long de sa vie. Cela donnait des esprits éclairés avec une capacité de jugement et d'adaptation, l'intelligence pour tout dire. Lire moins

    • uneparenthesemode
      à Marianne

      février 24, 2020 à 13 h 12 min
      Répondre

      Merci pour ton éclairage. L'apprentissage et les attentes ont vraiment baissé, c'est indéniable, et bien triste car il y a un véritable nivellement par le […] Lire la suiteMerci pour ton éclairage. L'apprentissage et les attentes ont vraiment baissé, c'est indéniable, et bien triste car il y a un véritable nivellement par le bas. Lire moins

  • Marrianne

    janvier 24, 2020 à 18 h 37 min
    Répondre

    Il y a dans Marianne sur internet un article extrêmement intéressant d'Emmanuel Todd sur "Le monde comme il va". En fait une analyse des classes […] Lire la suiteIl y a dans Marianne sur internet un article extrêmement intéressant d'Emmanuel Todd sur "Le monde comme il va". En fait une analyse des classes de la Société Française et en particulier du rôle fondamental des profs dans le devenir le la dite société. Lire moins

  • Karell

    janvier 23, 2020 à 13 h 48 min
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    Le bilan dressé est très clair et correspond tout à fait à ce que je vis. Je suis prof de lettres aussi, en lycée, et […] Lire la suiteLe bilan dressé est très clair et correspond tout à fait à ce que je vis. Je suis prof de lettres aussi, en lycée, et la réforme est une catastrophe et finit d'achever les plus motivés d'entre nous. Tu aurais pu aussi évoquer l'absence complète de perspective d'évolution. J'ai commencé il y a 16 ans. J'ai toujours avancé au grand choix grâce à ma notation. Avec la réforme de l'évaluation, présentée comme avantageuse puisque comparée à l'avancement a l'ancienneté, je progresserai moins vite. Comment ne pas être démotivée? La liste des dysfonctionnement est tellement longue.... Lire moins

    • uneparenthesemode
      à Karell

      février 24, 2020 à 13 h 14 min
      Répondre

      Quand je vois le nombre de jeunes collègues qui démissionnent ou veulent abandonner, ça m'inquiète vraiment. Oui l'absence d'évolution est terrible et forcément elle démotive encore […] Lire la suiteQuand je vois le nombre de jeunes collègues qui démissionnent ou veulent abandonner, ça m'inquiète vraiment. Oui l'absence d'évolution est terrible et forcément elle démotive encore davantage. Lire moins

  • Marion

    janvier 23, 2020 à 8 h 33 min
    Répondre

    Comme cet article ne parle ! Le cadre de l’Education Nationale n’a pas mis longtemps pour me cabosser et me faire perdre les illusions. J’ai […] Lire la suiteComme cet article ne parle ! Le cadre de l’Education Nationale n’a pas mis longtemps pour me cabosser et me faire perdre les illusions. J’ai su dès le départ que je n’y passerais pas ma carrière. N’ayant pas été comprise sur mon besoin d’enseigner à temps partiel (faute d’avoir un enfant ou un proche dont je devrais m’occuper), j’ai fini par solliciter un congé de disponibilité, me retrouvant du jour au lendemain sans salaire ni aucune allocation quelconque pour entreprendre le projet que je voulais lancer en parallèle de l’enseignement. Il me reste 6 mois de disponibilité, après quoi l’on me met déjà la pression à coups de courriers et de mails pour me dire que bientôt il faudra choisir entre revenir et démissionner, mais... même si l’avenir me paraît flou et incertain avec mon nouveau projet, quand il s’agit d’imaginer mon retour parmi ce que j’ai vécu, dans les conditions dans lesquelles je l’ai vécu, un retour en arrière me paraît absolument impossible. Merci pour cet article réaliste et sincère sur un métier souvent soit dévalorisé, soit complètement méconnu quant à ses dessous. Lire moins

    • uneparenthesemode
      à Marion

      février 24, 2020 à 13 h 17 min
      Répondre

      En effet dans la structure complètement rigide de l'Education Nationale il est très difficile de se faire entendre. Cela m'attriste de voir que toi aussi tu […] Lire la suiteEn effet dans la structure complètement rigide de l'Education Nationale il est très difficile de se faire entendre. Cela m'attriste de voir que toi aussi tu comptes abandonner, faute d'avoir été entendue. Tu vas démissionner c'est décidé ? Sais-tu dans quel domaine tu souhaites te reconvertir ? Lire moins

  • Flavie

    janvier 23, 2020 à 7 h 06 min
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    Merci à toi pour cet article. Notre seul espoir, c’est l’information, et elle ne peut passer aujourd’hui que par les réseaux.

    • uneparenthesemode
      à Flavie

      février 24, 2020 à 13 h 17 min
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      Je suis d'accord ! Les réseaux permettent de se faire entendre, pourvu que ça bouge un peu. Mais cela me semble compromis.

  • Nicolas

    janvier 22, 2020 à 22 h 35 min
    Répondre

    Article très intéressant et éclairant. On pourrait aussi disserter sur la situation des directeurs, principaux, proviseurs souvent livrés à eux-mêmes face aux frustrations des profs […] Lire la suiteArticle très intéressant et éclairant. On pourrait aussi disserter sur la situation des directeurs, principaux, proviseurs souvent livrés à eux-mêmes face aux frustrations des profs et aux rancœurs des parents. Je suis étonné de voir les difficultés qu'ils rencontrent, le manque de moyen, d'autorité ou d'accompagnement dans les fonctions basiques du management. Et quid des aberrations dans les emplois du temps, de l'absurdité du système des mutations, de la différence entre paris, sa banlieue et la province ? Tout un système qui semble à la dérive. Une politique d'autant plus incompréhensible que le président a épousé une prof de... français. Lire moins

  • Ludi

    janvier 22, 2020 à 21 h 50 min
    Répondre

    Dans l’éduc nat (et particulièrement l’enseignement sup) depuis 6 ans du côté RH je ne vois que trop bien les évolutions dans le mauvais sens... […] Lire la suiteDans l’éduc nat (et particulièrement l’enseignement sup) depuis 6 ans du côté RH je ne vois que trop bien les évolutions dans le mauvais sens... Je me suis réinscrite au CRPE 2020, restant toujours sur mes 2 échecs des sessions 2009 et 2010 (juste avant l’a reforme à bac +5 donc qui était une aberration...) Seulement plus j’y réfléchis et plus je me dis que je devrais rester dans ma situation qui me convient très bien : contractuelle en CDI, de catégorie B payée sur un indice équivalent à un prof certifié/des écoles au 4e ou 5e échelon, bref je pourrais presque dire : avec les avantages et sans les inconvénients... Aujourd’hui pour être enseignant je pense que la vocation ne suffit plus... Lire moins

    • uneparenthesemode
      à Ludi

      février 24, 2020 à 13 h 19 min
      Répondre

      Tu as bien résumé la situation : la vocation n'est plus suffisante. Je l'ai vraiment mais ce manque de considération me démotive totalement. En effet dans […] Lire la suiteTu as bien résumé la situation : la vocation n'est plus suffisante. Je l'ai vraiment mais ce manque de considération me démotive totalement. En effet dans ta situation pourquoi passer le concours ? Encore une des aberrations du système. Lire moins

  • Elodie

    janvier 22, 2020 à 18 h 25 min
    Répondre

    Merci pour cet article qui résume parfaitement la situation. Le métier est de pluens plus méprisé y compris par notre hiérarchie, le salaire n'évolue […] Lire la suiteMerci pour cet article qui résume parfaitement la situation. Le métier est de pluens plus méprisé y compris par notre hiérarchie, le salaire n'évolue pas et le travail devient de plus en plus difficile. Pour parler de mon expérience personnelle : je suis TZR depuis 5 ans et à chaque rentrée, la situation s'empire. Par exemple, cette année, je n'ai connu mon affectation que 2 jours avant la pré-rentrée (et elle a changé deux fois dans la même journée) : trois collèges, distants de 20 km les uns des autres et tous à 20-25 km de chez moi. Comment s'investir dans ces conditions ? Heureusement pour moi, une de mes affectations a sauté et je ne suis plus "que" sur deux établissements. Et je ne que prier pour avoir un poste fixe : trop peu de choix et donc forcément très chers en terme de points.. Je n'ai pas envie d'utiliser tous mes points pour obtenir un post qui ne me conviendrai vu le peu de mobilités possible... Mon envie de faire prof est venue tardivement mais j'aime le coeur de ce métier, profondément. Mais à chaque rentrée, je me demande si je peux continuer dans ces conditions... Lire moins

  • Julie

    janvier 22, 2020 à 16 h 26 min
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    Merci pour ces mots si justes... Cela fait 15 ans que j’enseigne. J’ai été TZR et je suis en Rep depuis 10 ans donc je […] Lire la suiteMerci pour ces mots si justes... Cela fait 15 ans que j’enseigne. J’ai été TZR et je suis en Rep depuis 10 ans donc je comprends bien ce que tu décris... Je suis arrivée à un stade où ce métier me répugne... Toujours plus de missions, plus de pressions pour aucune augmentation... Je suis dégoûtée du métier et je pense de plus en plus à quitter ce métier... J’en suis a5 journées de grève et même si je sais que c’est en gain, je me dis au moins que je n’aurais rien à me reprocher! Que je le suis battu pour ce métier que j’aimais temps mais qui m’a broyée. Lire moins

  • Hélène

    janvier 22, 2020 à 13 h 02 min
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    Bonjour, vous oubliez l’absenteisme, qui, pour le vivre au quotidien au travers les enfants, me fait me poser des questions sur une éventuelle fragilité des […] Lire la suiteBonjour, vous oubliez l’absenteisme, qui, pour le vivre au quotidien au travers les enfants, me fait me poser des questions sur une éventuelle fragilité des profs : 26h de cours non dispensés non récupérés entre chaque période de vacances (6 semaines donc). C’est une moyenne mais personnellement ca m´affole. Alors bien évidemment il faut courir en fin d’annee Scolaire pour rattraper le retard accumulé et nos enfants doivent suivre coûte que coûte. Concernant la retraite, il faudrait que dans un monde idéal notre dernier salaire soit la référence. Mais non. Vous avez la chance que votre calcul se base sur les 6 derniers mois. Dans le privé ce sont les 25 meilleure série années. Alors certes tout le monde ńest pas au smic mais le salaire median en France s’eleve A 1700€. Vous voyez un peu la retraite de misère auxquels peuvent prétendre les salariés du privé? Pour avoir trimé 40 piges? Avec des horaires décalés pour certains, 5 semaines de congés payés, des licenciements et tutti quanti? Donc oui vous apparaissez comme des privilégiés aux yeux du commun des mortels. Il ne s’agit pas d’une lutte contre les élites de ce pays. Mais il faut mettre à plat les choses afin que chaque individu ait les memes droits. Lire moins

  • Manuela

    janvier 22, 2020 à 12 h 41 min
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    Que te dire Karine, ton article est criant de vérité. Je n’enseigne que depuis 4 ans et je sais que je ne ferai pas une […] Lire la suiteQue te dire Karine, ton article est criant de vérité. Je n’enseigne que depuis 4 ans et je sais que je ne ferai pas une carrière longue car je suis déjà épuisée. Épuisée du manque de considération, épuisée de devoir expliquer que non je ne suis pas la garderie, épuisée de devoir faire plus d’éducation que d’apprentissage... la maternelle est devenu un beau fourre-tout au lieu d’être un lieu de bonheur... Mais on reste malgré tout car on a à côté de cela des familles formidables, des enfants qui veulent apprendre et une petite voix qui nous rappelle pourquoi on est là, en rep+... Mais je suis épuisée c’est fait... Lire moins

  • Christel

    janvier 22, 2020 à 12 h 14 min
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    Ce sont tous les métiers en rapport avec l’humain qui ont été sacrifiés, et l’humain qui ne peut pas encore être «productif », utile à l’économie, […] Lire la suiteCe sont tous les métiers en rapport avec l’humain qui ont été sacrifiés, et l’humain qui ne peut pas encore être «productif », utile à l’économie, ou ne l’est plus : - l’enfant et les enseignants - le malade et le personnel soignant - la personne âgée et les auxiliaires de vie Les reproches sont toujours les mêmes : ça coûte trop cher ( ça « coûte trop cher » de ne pas être uniquement un « homo economicus » qui consomme et fonce en avant tête baissée pour survivre ou se payer des vacances et des biens de consommation ? ). Bref, le ciment humaniste qui faisait notre fierté et grandeur fout le camp ... tous ces professionnels font comme ils peuvent, essaient de garder des idéaux, puis ils finissent par vouloir sauver leur peau. Dernière invention : payer les suppléants sur une base de 15h + 3HSA ... histoire de ne pas payer une partie des congés. Une suppléante en mathématiques ( si longtemps cherchée après des semaines d’absence de cours pour les élèves ) n’a pas poursuivi son contrat à cause de cette forme inadmissible de mépris et de rabotage salarial. Merci pour cette mise à plat. Lire moins

  • Julie

    janvier 22, 2020 à 9 h 36 min
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    Joli article. En 2004 j ai passé et eu mon capes de lettres modernes et en 2005 j ai fait le choix d arreter pour […] Lire la suiteJoli article. En 2004 j ai passé et eu mon capes de lettres modernes et en 2005 j ai fait le choix d arreter pour une carrière en communication et marketing. Et je retrouve dans ton article toutes les raisons de ce choix. Je crois en cette vocation. Le comble cest que 15 ans plus tard j enseigne mon métier dans des écoles de commerce et les constats sont les mêmes alors quon est dans le privé. Chaque année en découvrant les maîtresses de mes enfants cest quitte ou double entre celles ceux qui ont toujours la vocation et s investissent pour nos enfants et les autres qui font une garderie améliorée. Bravo en tout cas. Lire moins

  • Alison

    janvier 22, 2020 à 9 h 26 min
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    J’ai eu hier la même envie que vous : écrire tout ce que j’ai sur le cœur. Je prépare ma sortie aussi vite que j’en […] Lire la suiteJ’ai eu hier la même envie que vous : écrire tout ce que j’ai sur le cœur. Je prépare ma sortie aussi vite que j’en suis entrée. (Première année de titulaire et Tzr) Lire moins

  • Cécile Paulin

    janvier 22, 2020 à 8 h 42 min
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    Très bel article... qui résume tout à fait mon état d'esprit face à cette profession que j'ai aimée passionnément... merci beaucoup pour tes mots à […] Lire la suiteTrès bel article... qui résume tout à fait mon état d'esprit face à cette profession que j'ai aimée passionnément... merci beaucoup pour tes mots à la fois tendres et tragiques. Lire moins

  • Aurélie

    janvier 22, 2020 à 7 h 08 min
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    Je partage ta vision du métier. Merci pour cet article clair et réaliste de notre métier. Je proclame encore que j’aime mon métier mais j’ajoute […] Lire la suiteJe partage ta vision du métier. Merci pour cet article clair et réaliste de notre métier. Je proclame encore que j’aime mon métier mais j’ajoute un mais.... je trouve le regard que porte les autres sur notre profession très violent. Je travaille beaucoup, au moins 4 heures le week-end et 2 h le soir en moyenne et on continue de me renvoyer l’image d’une fainéante. Alors comme toi, j’envisage la reconversion impossible. Lire moins

  • Cindy

    janvier 22, 2020 à 6 h 44 min
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    Merci pour ce billet. Fille d’enseignante, je ne peux que te rejoindre sur bien des points. Et je suis très inquiète de la situation de […] Lire la suiteMerci pour ce billet. Fille d’enseignante, je ne peux que te rejoindre sur bien des points. Et je suis très inquiète de la situation de l’education nationale et de la santé, mais aussi de la justice. Juste une précision : dans le privé, les avantages type CE etc. ne concernent qu’une minorité de salariés, perso en 15 ans de carrière je n’en ai jamais vu la couleur... N’opposons pas public et privé ! Nous sommes tous dans la même merde... Lire moins

    • Cynthya
      à Cindy

      janvier 22, 2020 à 21 h 33 min
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      Je suis entièrement d'accord avec Cindy. Opposer le secteur privé et le secteur public ne fait pas avancer le débat. Je viens du secteur privé et […] Lire la suiteJe suis entièrement d'accord avec Cindy. Opposer le secteur privé et le secteur public ne fait pas avancer le débat. Je viens du secteur privé et après 15 année, je me suis reconvertie comme professeure. Avant, j'avais aussi cette vision du métier facile, des vacances à la pelle, du confort de vie. Et pourtant.... Quel masse de travail! Je rentre le soir, déjà exténuée par mes journée ( car on peut n'avoir que peu d'heures de cours mais un emploi du temps gruyère qui nous empêche de rentrer chez nous) et je travaille encore le soir: corrections, préparation de cours, saisie administrative ( rapports d'incidents, saisie sur Pronote, échanges avec mes collègues...). Je ne chôme pas. Et faire un cours devant 28 élèves ( je me sens privilégiée, mes collègues peuvent en avoir 37), c'est donner de soi, gérer le groupe, transmettre des savoirs, donner envie. Quelle énergie ! Mes vacances me servent à récupérer, m'avancer, corriger peaufiner. Je vis, je dors, je rêve prof. J'aime ce métier mais la désillusion est grande. Et la rémunération ne valorise en rien mon parcours, mes études, mon rapport à mes élèves, mon envie de bien faire.... Lire moins

    • uneparenthesemode
      à Cynthya

      février 24, 2020 à 13 h 21 min
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      L'emploi du temps gruyère qui finalement nous mobilise beaucoup, j'ai connu et en effet c'est terrible. On passe son temps à attendre sans rien pouvoir […] Lire la suiteL'emploi du temps gruyère qui finalement nous mobilise beaucoup, j'ai connu et en effet c'est terrible. On passe son temps à attendre sans rien pouvoir faire de constructif. Je comprends parfaitement ta désillusion. Lire moins

  • Brossier

    janvier 22, 2020 à 6 h 34 min
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    Bravo pour cet article, Il résume parfaitement ce « beau »métier. Professeur des écoles depuis 20 ans, fille de professeur .en lycée technique. Mon père […] Lire la suiteBravo pour cet article, Il résume parfaitement ce « beau »métier. Professeur des écoles depuis 20 ans, fille de professeur .en lycée technique. Mon père passionné m avait déconseillé de faire ce métier. ( les parents, bruit, etc)Mais je ne l ai pas écouté. Passion, motivation ont été les mots de mes premières années. Aujourd’hui,je suis à mi temps pour élever mes 3 enfants depuis 10 ans. C est un choix. Mais j avoue que cette histoire de retraite fait peur. Comme tu dis, ce ne sera plus compte sur les 6 derniers mois.J aimerai changer, je me suis renseignée: on m a proposé une mission de proviseur adjoint. Le salaire aurait été sûrement mieux. Mais j ai eu peur de travailler loin. Je suis proche de chez moi et ça n a pas de prix. Or, Ce métier a tellement changé, je pense aussi à une reconversion. Merci encore chère collègue pour cet article. Lire moins

  • Crazyshoppeuse

    janvier 22, 2020 à 0 h 56 min
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    Merci d'avoir pris le temps de rédiger cet article très clair, bien développé. On ne sent ni rancoeur, ni mauvaise intention. Bien au contraire: tes mots […] Lire la suiteMerci d'avoir pris le temps de rédiger cet article très clair, bien développé. On ne sent ni rancoeur, ni mauvaise intention. Bien au contraire: tes mots sont justes, tes exemples, précis. Je partage ton ressenti: tes inquiétudes, tes questionnements, tes désillusions, tes constats, je les connais, J'ai les mêmes. Tout comme je comprends cette vocation. Je suis CPE, on le devient rarement par hasard. Et c'est un métier qui me passionne toujours autant depuis plus de vingt ans mais avec lequel c'est de plus en plus dur de composer. Je l'ai vu passer par tant de phases ! C'était une fonction qui inspirait la crainte et le respect à nos parents et à nous-mêmes lorsque nous étions ado. Je n'ai jamais voulu de ce premier aspect et j'ai fait en sorte, au tout de début de ma carrière, de faire sans. Puis, je n'ai plus eu besoin de faire sans. La crainte de cette fonction s'en est allée à une vitesse grand V. Le respect, lui, est demeuré un peu plus longtemps, jusqu'à disparaître presque totalement depuis plus de dix ans. Et ce n'est pas du côté des élèves qu'il fait le plus défaut. (c'est grâce à eux que j'aime mon travail même lorsqu'ils me rendent chèvre ! ) Plutôt du côté de leurs parents. Pourtant, je fais partie des chanceuses dont l'établissement est jugé comme "facile et doté de moyens". Juste un point que tu n'as pas abordé lorsque tu as parlé du salaire des enseignants et qui je pense, mérite d'être expliqué: "nous sommes bien payés, dit-on, pour passer la moitié de l'année en vacances". Ce mythe a la vie dure ! Que les choses soient claires: nous avons des congés payés comme tous les salariés français. Notre temps de travail est rythmé par les vacances scolaires. Mais qu'on ne se méprenne pas. Si notre salaire n'est pas plus important, c'est aussi parce que l'Etat prend en considération ces temps de vacances. Non, nous ne sommes pas payés à ne rien faire. Lire moins

  • Elizec

    janvier 22, 2020 à 0 h 46 min
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    Merci pour cet article. Professeur des écoles depuis une dizaine d année, j étais toujours étonnée à mes débuts quand je voyais des collègues plus […] Lire la suiteMerci pour cet article. Professeur des écoles depuis une dizaine d année, j étais toujours étonnée à mes débuts quand je voyais des collègues plus âgées me dire bon courage pour la suite... Et maintenant je comprends.!!!!!et quand je vois ce que l on demande aux collègues motivés qui débutent, je me dis que rien, vraiment rien n est fait pour améliorer la situation.... Alors que faire ? Attendre en serrant les dents et apprécier les moments en classe tant que pour l instant cela surpasse tout le négatif....???!!!se réorienter ? Mais moi je ne me vois pas faire autre chose !!!!!! Lire moins

  • Estelle

    janvier 22, 2020 à 0 h 41 min
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    Merci pour ce point permettant de mieux comprendre la situation des enseignants. Dans mon ancienne ville, j’ai eu la chance de rencontrer des enseignants qui nous […] Lire la suiteMerci pour ce point permettant de mieux comprendre la situation des enseignants. Dans mon ancienne ville, j’ai eu la chance de rencontrer des enseignants qui nous ont alertés et sensibilisés par rapport à leurs situations et par conséquent de ta situation. Ton texte décrit totalement la réalité de la vie d’un enseignant. Quand est ce que les choses vont changer ou s’améliorer ? Merci pour cet article. Lire moins

  • Gigi

    janvier 22, 2020 à 0 h 13 min
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    Intéressant comme article. Mais il ne fait pas oublier qu’en France le 1er employeur c’est l’artisanat et les TPE/PME qui n’ont ni comité d’entreprise, ni pass […] Lire la suiteIntéressant comme article. Mais il ne fait pas oublier qu’en France le 1er employeur c’est l’artisanat et les TPE/PME qui n’ont ni comité d’entreprise, ni pass éducation. Et que les salariés font 35h avec 5 semaines de vacances. Et pour la retraite, les primes ne sont pas prises en compte et c’est les 25 meilleures années. Qui a la meilleure situation ? Lire moins

  • Emilie

    janvier 21, 2020 à 23 h 59 min
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    Je me retrouve dans bien des points... Je suis Professeur des Écoles dans l'enseignement Privé depuis 13 ans et voilà maintenant 1 an que je […] Lire la suiteJe me retrouve dans bien des points... Je suis Professeur des Écoles dans l'enseignement Privé depuis 13 ans et voilà maintenant 1 an que je me demande combien de temps je vais encore tenir dans ses conditions. J'ai 28 élèves de 4-5 ans sans ATSEM avec un budget très très limité. Nous accueillons des enfants de plus en plus compliqués. Les parents sont de plus en plus exigeants avec toujours moins de reconnaissance. Nous avons des tonnes de papiers à remplir (PPRE, GEVASCO, PAI, PPS et j'en passe...) au nom de la différenciation. Ce travail me "bouffe" (eh oui je suis très consciensieuse, voire trop je pense !) et ma vie de famille en pâtit au quotidien (j'ai 3 enfants de 10, 7 et 2 ans). Bref, je pense de plus en plus à ma reconversion, même si encore aujourd'hui je fais mon métier avec passion. Lire moins

  • Juliette

    janvier 21, 2020 à 23 h 34 min
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    Merci pour cet article si clair et éclairant bien la situation que nous vivons, chère collègue !

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